24e Festival national des humoristes

du 22 août au 1er septembre 2012

tournon-sur-rhône (07)
tain l’hermitage (26)

Le Journal de Tournon Tain – 3 septembre 2009

De futurs grands

Depuis plus de 20 ans, le festival national des humoristes est une véritable rampe de lancement pour les jeunes artistes. La présence de nombreux producteurs et propriétaires de salles de spectacles est la preuve que ce festival est un creuset de talents. Mention spéciale pour Yann Guillarme. Remplaçant au pied levé Gaspart Proust, son sketch sur la Bible était irrésistible. Donel Jack’s man est certainement un futur grand de l’humour, bourré de talent. Même s’il n’a pas reçu de prix, nul doute que ce véritable show man a un bel avenir devant lui. Jypey qui remporte le grand prix du festival, est certainement LA découverte du moment. Le jury a voulu récompenser un humour incisif et mordant, sans vulgarité. Lors de sa prestation du vendredi, il a emmené le public sur un chemin du rire franc et puissant, prenant volontiers à partie les spectateurs, jouant à la fois sur l’actualité et sur la caricature humaine. Ces réparties cinglantes ont ravi le public qui en redemandait encore et encore ! Très ému lors de la remise du trophée par Tex et Jacques Rousseau, directeur de la communication au Crédit Agricole, il a simplement dit « Merci », et dédié son « bouffon » à son fils, Léo âgé de quatre mois. [Soirée découverte] Première soirée découverte du Festival 2009 et rendez vous important pour quatre jeunes talents. Aurélien Portehaut, Leny Sellam, Chris et Baptiste sont venus présenter un extrait de leur spectacle. La salle sera pleine, elle se remplit d’ailleurs un peu doucement. Joseph Cantalou chargé de l’accueil presse, en musique et en souriant, les retardataires. Ce soir les membres du jury sont présents car les artistes sont en compétition. Entourant les deux co-présidents, Tex et Philippe Vaillant, ils salueront, à tour de rôle les spectateurs. Coté scène, Aurélien Portehaut ouvre le spectacle. Il relève le défi du mime sur une voix off. Le rire naît du décalage progressif et de l’impossibilité pour le personnage à coller aux rengaines de la voix électronique. Il naît aussi des moqueries complices, supposées impunies, qu’il adresse à cette voix venue d’en haut ; sauf que de temps en temps la voix répond. Sa tentative de lecture d’Euripide démontre par l’absurde qu’il n’a pas besoin de texte pour s’exprimer. Grande expression corporelle, intériorité intense, Aurélien Portehaut, aura d’autres rendez-vous. Leny Sellam joue avec les mots de a l’ère du temps ». On n’ose, dire que l’avocat qu’il nous présente tire trop sur la corde, sinon celle du pendu qui attend son client. Poussés à l’extrême, les mots en disent plus ou différemment. Ainsi la déjà célèbre définition - d’emploi fictif, qu’il nous donne : « Avec trois millions de chômeurs, être ministre du travail c’est un emploi fictif ». De poste de travail occupé par un flemmard, on passe à poste de travail occupé par quelqu’un qui a perdu le sens des réalités. On rit quelques instants, juste avant que la situation donne le vertige. Tout en énergie, Leny Sellam enchaîne d’un rire à l’autre, mais lorsque l’époque le réduit, il laisse surgir des mots libres, poèmes en jachère. Des mots qui fleurent bon l’artiste. Chris se présente, avec le nez rouge, de ceux qui ont trop bu d’illusions. Nonchalant, désabusé, son personnage nous explique, de déceptions en revers, le bien fondé de son retournement de veste. L’homme fut de gauche, il écoute désarmais les conseils d’un coach de droite. Chris peint et décrit son époque. On rit aux errements du bonhomme et on grimace en comprenant que les grandes boussoles sont cassées. Les personnages de Chris ont du cynisme, un brin de méchanceté, toutes choses qui accompagnent parfois les appels au secours. Baptiste ! Ah Baptiste ! Pas tranquille du tout le Baptiste ! Facile à dire, mais son visage d’ange peine à cacher le diablotin. Aisance de la parole et du corps, il est de ceux que le rire prend, enveloppe avant une propagation sans retenue. Il a les interpellations abruptes, sur la fiche de salaire paternelle, des enfants qui furent un temps rois ; à qui furent promis certains sommets. Mais Baptiste a la lucidité généreuse, il n’abandonne en route aucun de ses personnages. Il rassemble d’une scène à l’autre, une colocataire malgré elle, les, quidams d’une file d’attente, jusqu’à ce petit chien qui dans un supermarché précédent avait ponctué d’un jappement la fin de ses inquiétudes. Des parcours différents, et des progressions très personnelles. Une tâche difficile, attendait le jury et les spectateurs, qui en sortant votaient volontiers pour attribuer le grand prix du public. JLL.

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